Un patient cherche un kiné près de chez lui. Il tape deux mots dans Google et ouvre trois sites. Il appelle celui qui répond à ses questions. Ce site internet de kiné, beaucoup de praticiens hésitent encore à le construire.
Le frein tient rarement au budget. Il tient au flou déontologique. Jusqu’à fin 2020, la publicité était interdite à la profession. Depuis, la communication est libre, mais encadrée par l’Ordre. Entre les deux, beaucoup de praticiens ne savent plus où passe la ligne. Faut-il afficher ses tarifs ? Peut-on citer sa spécificité ? Le référencement est-il permis ?
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a répondu à presque toutes ces questions, dans un guide précis mais peu lu. On le reprend ici point par point, avec les textes exacts et des cas concrets. L’objectif est simple : un site utile aux patients, sans risque disciplinaire. Un site qui aide à être trouvé, sans jamais promouvoir.
Besoin d’une vue d’ensemble d’abord ? Le panorama des règles du site d’une profession réglementée situe le cas des kinés parmi les autres ordres.
Le cadre : un code de déontologie et des recommandations opposables
Architecture du cadre
Trois étages de règles, du décret au contrôle disciplinaire
Les dates qui comptent
Tout part du décret n° 2020-1663 du 22 décembre 2020, entré en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel. Il a supprimé l’interdiction générale et absolue de publicité qui pesait sur la profession. Elle répondait à une injonction de la Commission européenne, consécutive à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 mai 2017.
Un principe demeure pourtant intact. L’article R. 4321-67 du code de la santé publique pose que la masso-kinésithérapie « ne doit pas être pratiquée comme un commerce ». Cette phrase courte gouverne tout le reste. Un site de kiné peut informer, présenter, expliquer. Il ne peut pas vendre.
La liberté nouvelle figure à l’article R. 4321-67-1. Son I autorise le kiné à communiquer au public, y compris sur un site internet. Les informations doivent contribuer au libre choix du praticien par le patient : compétences, pratiques professionnelles, parcours, conditions d’exercice. Le même article fixe aussitôt les limites. La communication reste loyale et honnête, sans témoignages de tiers ni comparaisons, sans incitation à des soins inutiles.
Son II ouvre un second registre : l’information éducative ou sanitaire, scientifiquement étayée, formulée avec prudence. Son III est le plus important pour votre site. Il impose de tenir compte des recommandations du Conseil national de l’Ordre. Ce renvoi transforme un guide pratique en référence disciplinaire.
Ce guide a connu deux versions. La première a été adoptée le 30 mars 2021. Une deuxième édition consolidée a été validée le 15 décembre 2022, puis mise en ligne le 17 février 2023. Selon la circulaire du Conseil national, cette mise en ligne l’a rendue opposable aux praticiens. Son annexe 4 traite de la création de sites et remplace l’ancienne charte internet.
La kinésithérapie n’est pas seule concernée. Des décrets comparables, publiés au Journal officiel le même jour, ont réformé la communication des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes, des infirmiers et des pédicures-podologues. Les règles des médecins, détaillées dans l’article sur la publicité des médecins, suivent une logique proche. Les détails, eux, diffèrent sensiblement.
Le nombre de praticiens concernés donne la mesure de l’enjeu local. D’après l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (Rapport d’activité 2025), 113 632 kinésithérapeutes en exercice étaient inscrits au tableau au 6 janvier 2026, dont 93 018 libéraux. La densité atteignait 16,45 kinés pour 10 000 habitants en 2025, ce qui place souvent plusieurs cabinets sur une même recherche locale. Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, rapport d’activité
La profession figure parmi les professions libérales réglementées dotées d’un ordre, créé en 2006. Cet ordre accompagne aussi ses membres sur la communication. En 2025, il a lancé une formation en ligne gratuite intitulée « Maîtriser la communication professionnelle en kinésithérapie », organisée en six modules.
Un point d’actualité mérite votre attention. Le rapport d’activité 2025 indique que la commission éthique et déontologie travaille à l’actualisation du guide de communication. Le sujet du référencement en ligne fait partie des questions dont elle est saisie. Avant toute mise en ligne, vérifiez donc la version en vigueur sur le site de l’Ordre.
Quelles mentions doivent figurer sur le site internet d’un kiné ?
Annexe 4 du guide, en pratique
La fiche cabinet idéale, mention par mention
L’annexe 4 du guide dresse une liste précise des mentions obligatoires pour le praticien. On y trouve ses nom et prénom, l’adresse du cabinet principal et, le cas échéant, du cabinet secondaire. S’y ajoutent le téléphone, l’adresse électronique et deux identifiants : le numéro d’inscription au tableau de l’Ordre et le numéro RPPS.
Viennent ensuite les honoraires. L’article R. 4321-98 du code de la santé publique impose au kiné qui présente son activité en ligne d’informer sur ses honoraires pratiqués. L’obligation couvre aussi les modes de paiement acceptés et les règles d’accès aux soins sans discrimination. Le texte exige une information claire, honnête, précise et non comparative. Le guide admet les fourchettes, à condition d’en préciser les critères.
Prenons un cabinet qui met son site en ligne sans page honoraires. Le praticien juge le sujet délicat, voire commercial. C’est l’inverse : l’absence de cette information tarifaire constitue un manquement, sa présence une transparence attendue par le patient.
Autre cas type : un kiné récupère un modèle de site conçu pour un institut de bien-être. Le modèle propose une page « Tarifs » avec des forfaits de dix séances. Le réflexe paraît anodin. Or le même article R. 4321-98 interdit le forfait pour un traitement, sauf dispositions réglementaires particulières. La page doit être réécrite, pas seulement adoucie.
Le site doit enfin porter les mentions légales du droit commun. Pour un entrepreneur individuel, la mention « EI » accompagne le nom depuis le 15 mai 2022, en vertu de l’article R. 526-27 du code de commerce. L’identité de l’hébergeur et les coordonnées de contact complètent le socle. La fiche officielle de Service Public Entreprendre détaille ces mentions légales, et l’article sur les mentions légales d’une profession réglementée les adapte aux ordres.
L’exercice en société ajoute ses propres exigences. Doivent apparaître la dénomination sociale, le siège, le numéro d’inscription au tableau, l’inscription au RCS et la situation conventionnelle. Une société d’exercice libéral doit en outre afficher sa forme sociale, accompagnée de l’activité exercée, et son capital social.
Pour le cabinet lui-même, deux mentions sont obligatoires : l’adresse et les informations d’accessibilité. Le reste est permis sans être imposé : jours et heures de consultation, modalités de prise de rendez-vous, plan du quartier, transports, parking, équipements. Les photos des kinés et du matériel sont expressément autorisées.
Reste le nom de domaine. Selon le guide, l’adresse du site peut faire référence à l’identité du praticien ou de la société d’exercice. Elle peut aussi mentionner les titres reconnus par le Conseil national et la situation géographique du cabinet. Une adresse de site purement promotionnelle, sans aucun de ces repères, s’éloigne de ce cadre.
Ce que vous pouvez publier, et ce qui reste hors limites
Spectre de la communication d'un kiné
Du contenu libre au contenu exclu, où se placent vos pages
Une fois les mentions en place, reste à remplir les pages. C’est là que les hésitations se multiplient, et c’est souvent là que le site perd tout son intérêt. Par excès de prudence, beaucoup de kinés publient trois lignes et une carte. Le guide laisse pourtant une vraie marge, à condition d’en connaître les contours.
Spécificités, titres, photos : ce qui valorise sans enfreindre
La spécificité d’exercice est l’un des outils les plus utiles pour être trouvé sur un besoin précis. L’Ordre la définit comme un exercice préférentiel, portant sur une fonction, un organe, une région du corps ou une catégorie de patients. Seuls les intitulés reconnus par le Conseil national peuvent être affichés.
Pour afficher une spécificité, deux voies existent. La première est un diplôme universitaire reconnu par le Conseil national et en rapport avec la spécificité. La seconde est une formation d’au moins 80 heures, suivie sur quatre années au plus, auprès d’un organisme signataire de la charte de l’Ordre. Le guide précise, depuis sa version de février 2023, qu’aucune autorisation préalable du conseil départemental n’est requise.
L’Ordre a d’ailleurs mis en ligne en 2025 un annuaire des spécificités, consultable par les patients. Un patient qui consulte les deux s’attend à y lire les mêmes spécificités. Garder le site et votre déclaration ordinale alignés évite un décalage facile à repérer.
Les diplômes, titres et fonctions suivent la même logique de reconnaissance. Un avis du Conseil national de juin 2025, n° 2025-01, a précisé ce cadre en modifiant l’avis n° 2021-03. Chaque diplôme complémentaire est examiné au cas par cas.
La frontière la plus fine concerne les méthodes. Le guide est net : toute référence à une marque, une méthode ou un concept ne relève pas des spécificités d’exercice. Il interdit aussi toute mention d’une technique insuffisamment éprouvée, assimilable à une dérive thérapeutique. L’Ordre tient à jour un tableau des techniques illusoires, actualisé à plusieurs reprises en 2025.
Une décision de la chambre disciplinaire nationale, rendue publique en mai 2025, illustre ce risque. Le site d’une kiné présentait des « séances de soins quantiques » et une formation en « thérapie quantique et science énergétique ». La praticienne soutenait avoir découvert ce contenu tardivement, le site ayant été mis en place par son conjoint avec une agence web. La chambre a écarté l’argument : il incombe au kiné de veiller à l’usage de son nom et de sa qualité. Plusieurs griefs ont été retenus, dont celui tiré du site. La sanction confirmée était une interdiction temporaire d’exercer de trois mois.
Les informations de santé : oui, avec méthode
Le guide autorise les informations médicales sur un site de kiné. Elles doivent avoir un caractère objectif et une finalité scientifique, préventive ou pédagogique. Elles ne doivent jamais servir à valoriser le praticien ou le cabinet. Une page sur la rééducation après entorse de cheville a toute sa place, si elle informe vraiment.
L’Ordre recommande de citer des sources précisées et datées. Le guide mentionne la certification de la fondation Health On the Net, longtemps mandatée en France par la Haute Autorité de santé. Cette fondation a toutefois cessé son activité le 15 décembre 2022. Le parti pris de Regularis : renvoyer vers des sources institutionnelles stables, comme la HAS, l’Assurance maladie ou Santé publique France.
Plusieurs obligations encadrent ces contenus. Le titulaire du site respecte la propriété intellectuelle des auteurs cités. Il ne relaie aucune information promotionnelle, évidente ou dissimulée, émanant d’un laboratoire ou d’un fabricant de matériel. Il vérifie régulièrement que les sites recommandés restent fiables et que les liens fonctionnent. Le financement du site doit être personnel, sans sponsor ni lien commercial.
Les lignes rouges du code
L’article R. 4321-67-1 trace les interdits principaux. La communication ne fait pas appel à des témoignages de tiers. Elle ne repose pas sur des comparaisons avec d’autres kinés ou établissements. Elle n’incite pas à des actes inutiles, ne porte pas atteinte à la dignité de la profession et n’induit pas le public en erreur.
Imaginons un cabinet de groupe qui installe un module d’avis Google en page d’accueil. Les notes les plus élevées s’affichent, avec le prénom du patient. Le cabinet y voit une preuve de sérieux. Au regard du code, ce module s’apparente à un appel à des témoignages de tiers, quelle que soit leur sincérité. La différence entre l’avis laissé sur une plateforme et l’avis republié chez vous est détaillée dans l’article sur les avis Google des professionnels de santé.
Côté liens, la règle est simple. Tous les liens commerciaux sont interdits, de même que toute icône renvoyant vers un site marchand. Sont permis les liens vers vos propres réseaux sociaux, s’ils respectent les recommandations, et vers les sites de l’Ordre national, régional ou départemental.
Le contentieux disciplinaire reste limité sur ce terrain, mais il existe. D’après l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (Rapport d’activité 2025), huit affaires traitées en première instance relevaient de la publicité ou de l’exercice commercial en 2025. Dix autres concernaient des techniques illusoires. Le risque concret porte donc autant sur les pratiques présentées que sur le ton employé. Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, rapport d’activité
Agenda en ligne et données des patients : les conditions posées
Agenda intégré au site
Ce que le patient doit voir, et ce qu'il ne doit jamais voir
La prise de rendez-vous en ligne est expressément autorisée par le guide. Le kiné peut l’intégrer directement à son site. Cette réservation en ligne implique toutefois le recueil de données personnelles, et parfois de données de santé. Le guide renvoie donc au RGPD et aux ressources publiées par la CNIL.
Au-delà du droit commun, le Conseil national pose trois conditions précises. Une réponse automatisée de confirmation suit chaque rendez-vous. Les rendez-vous déjà pris restent masqués : seules les dates et heures disponibles s’affichent. L’agenda ne comporte enfin aucune zone d’expression libre. Le kiné s’engage, en plus, sur la confidentialité des données communiquées.
La troisième règle peut surprendre, et c’est pourtant la plus sage. Un champ « motif » ou « commentaire » invite le patient à décrire ses douleurs, ses antécédents, parfois son traitement. Le cabinet collecte alors des données de santé dont il n’a pas besoin. En supprimant ce champ, on réduit d’un coup le risque RGPD et l’exposition du secret professionnel.
Le formulaire de contact obéit à la même logique de sobriété. Il demande le strict nécessaire, précise sa finalité et la durée de conservation des messages. Les traceurs non essentiels, à commencer par les traceurs publicitaires, supposent un consentement préalable. Les obligations détaillées figurent dans l’article sur le RGPD du site d’une profession réglementée.
Plateformes de rendez-vous et annuaires
Beaucoup de kinés passent par une plateforme de rendez-vous plutôt que par un agenda intégré. Le guide autorise l’inscription à un annuaire ou à un site de prise de rendez-vous. Il pose une condition : cette inscription ne doit pas avoir pour finalité l’amélioration du référencement du praticien. La fiche annuaire sert à informer, pas à se hisser au-dessus des confrères.
Les mentions autorisées sur ces supports reprennent celles de l’article R. 4321-123 du code. Le guide y ajoute l’adresse électronique, le site, les horaires, les honoraires, les moyens de paiement et l’accès au cabinet. Depuis 2023, il admet aussi le niveau d’accessibilité, le télésoin ou les soins à domicile, et les équipements, sans marque ni technique.
La fiche Google du cabinet n’est pas citée nommément dans le guide. Par prudence, on la traite comme un annuaire : informations factuelles, cohérentes avec le site, sans aucune option de mise en avant. Les bonnes pratiques propres à cet outil sont rassemblées dans le guide de la fiche Google Business Profile d’une profession libérale.
Peut-on travailler son référencement quand on est kiné ?
Anatomie d'une page de résultats
Ce que le code ferme, et ce qui reste à construire
C’est la question qui inquiète le plus, et la réponse demande de la précision. L’article R. 4321-123 II vise le référencement payant, mais pas seulement. Il interdit d’obtenir, par paiement ou autrement, « un référencement numérique faisant apparaître de manière prioritaire » son information. Le texte vise les résultats d’une recherche sur internet.
La version consolidée du guide a précisé ce que recouvre cette interdiction de référencement prioritaire. Toute démarche visant à faire apparaître son site de manière prioritaire est prohibée. L’interdit couvre aussi le recours à un service, payant ou non, pour figurer parmi les liens sponsorisés en tête des résultats. Il vise enfin la fiche d’annuaire affichée prioritairement par rapport aux autres kinés.
Prenons un kiné qui prépare son installation. Il envisage d’acheter des annonces sur « kiné » suivi du nom de sa ville, le temps de se faire connaître. Le raisonnement se tient d’un point de vue commercial. Il heurte de front l’article R. 4321-123. Les annonces sponsorisées sont fermées à la profession, quelle que soit leur durée.
Que reste-t-il alors ? Le texte vise l’obtention d’une priorité. Ni le code ni le guide n’interdisent de publier un site clair, complet et utile, que les moteurs peuvent juger pertinent. Un patient qui cherche un kiné spécialisé dans la rééducation de l’épaule doit pouvoir trouver l’information. Le référencement naturel commence là : des pages qui répondent, une structure lisible, des informations exactes.
Le parti pris de Regularis est net. On travaille la qualité du site, jamais les raccourcis. Pas d’achat de liens, pas de réseau de sites satellites, pas d’avis fabriqués, pas de textes gonflés de mots-clés. Ces pratiques chercheraient précisément à obtenir une position, ce que le code interdit. La formule du guide, « toute démarche », peut d’ailleurs être lue largement.
D’où trois réflexes simples. Documenter les choix éditoriaux du site, pour pouvoir les expliquer. Refuser toute offre de « mise en avant » d’un annuaire ou d’une plateforme. Interroger le conseil départemental en cas de doute sur une pratique précise. Ce cadre ne garantit aucune position, et aucun prestataire sérieux ne devrait en promettre une.
Pour un kiné, le bénéfice attendu se formule simplement : être trouvé par les patients qui cherchent ce qu’il fait, dans sa zone. Les principes d’un référencement adapté aux professions réglementées détaillent cette approche, sans enchère ni promesse de classement.
Créer ou refondre son site de kiné : méthode et responsabilité
Feuille de route conforme
Cinq étapes, une seule personne responsable à la fin
La décision de mai 2025 citée plus haut pose une règle utile pour tout projet. Le kiné répond du contenu publié sous son nom, quel que soit l’auteur des pages. L’article R. 4321-74 l’oblige à veiller à l’usage qui est fait de son nom et de sa qualité. La responsabilité du praticien ne se délègue pas avec la conception.
Cette règle change la façon de mener le projet. On ne valide pas un site sur maquette, on le valide page par page, texte compris. Cinq étapes suffisent à sécuriser l’essentiel.
- Lire le guide en vigueur, en particulier l’annexe 2 sur les spécificités, l’annexe 4 sur les sites et l’annexe 5 sur les mentions obligatoires.
- Rédiger un cahier des charges qui cite ces exigences, pour que le prestataire travaille dans le cadre dès la première page.
- Relire chaque contenu : spécificités reconnues, honoraires conformes, liens non commerciaux, informations de santé sourcées.
- Vérifier avant la mise en ligne les mentions légales, le fonctionnement de l’agenda et la gestion du consentement aux cookies.
- Programmer une relecture annuelle : départ d’un collaborateur, nouvelle spécificité, nouvelle version du guide, liens devenus obsolètes.
Le choix du prestataire pèse lourd. Un prestataire généraliste peut proposer ce qui fonctionne ailleurs : avis de patients en page d’accueil, pages tarifaires en forfaits, campagne d’annonces au lancement. Chacun de ces réflexes heurte une règle du code. Le bon signal est inverse : un prestataire qui connaît le guide et refuse ces options.
Le guide ajoute une exigence plus discrète : le financement du site doit être personnel. Aucun sponsor, aucune société ni association ne peut le financer, quelle que soit sa vocation. Un site offert par un fournisseur de matériel ou une plateforme en échange de visibilité sort donc du cadre.
Pour une refonte, une précaution supplémentaire s’impose. Les anciens contenus restent parfois indexés, avec des mentions périmées ou des méthodes que vous ne pratiquez plus. La refonte est l’occasion de faire l’inventaire complet des pages existantes. Les étapes d’une création de site pour une profession réglementée suivent cette logique, du cadrage déontologique à la mise en ligne.
Un site de kiné conforme est d’abord un site utile au patient
En une phrase
Identifier, informer, s'abstenir : la grille de lecture de l'Ordre
Un regard extérieur sur votre site actuel ou votre projet ? Un échange suffit pour repérer les points à corriger avant la mise en ligne.
Demander un diagnostic de mon siteLe guide de l’Ordre peut sembler restrictif à la première lecture. Il dessine en réalité un site très clair. Un site qui identifie le praticien sans ambiguïté, qui informe le patient sur ce qu’il peut attendre, et qui s’abstient de toute logique de vente. Ce site informatif correspond aussi à ce que le patient cherche quand il compare trois cabinets.
Un écart de conformité ne naît pas forcément d’une volonté de contourner la règle. Il peut venir d’un modèle mal choisi, d’un prestataire qui transpose les codes du commerce, ou d’une page oubliée depuis des années. Une relecture méthodique permet de le corriger, sans renoncer à la visibilité en ligne.
Une dernière précaution reste la meilleure : le guide évolue, et une actualisation est en préparation. Vérifiez la version en vigueur et posez vos questions précises à votre conseil départemental. Un site conforme se construit une fois, puis s’entretient chaque année.
Sources
- Légifrance , décret n° 2020-1663 portant modification du code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes
- Journal officiel , texte du décret n° 2020-1663, copie diffusée par l’Ordre
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes , recommandations relatives à la communication du kinésithérapeute, version consolidée
- Conseil national de l’Ordre , circulaire de modification des recommandations sur la communication
- Conseil national de l’Ordre , circulaire sur l’entrée en vigueur du nouveau code de déontologie
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes , rapport d’activité, démographie et activité disciplinaire
- Chambre disciplinaire nationale de l’Ordre , décision n° 042-2024 sur le contenu d’un site
- Service Public Entreprendre , mentions obligatoires sur le site d’un entrepreneur individuel
- Health On the Net Foundation , notice sur la fin d’activité de la fondation