Maître Guy Jullien a exercé comme avocat à Marseille pendant plus de 50 ans.
À la fin de sa carrière, il versait 300 € chaque mois à une agence de communication pour un
site qu'il n'avait pas le droit de modifier, qu'il ne possédait pas, et qui ne
lui amenait pas un seul client.
Sur dix ans, cela représente plus de 40 000 €. Versés à un prestataire qui ne
rendait jamais aucun compte, pour un outil qui n'avait aucune utilité réelle.
Le contrat était opaque, la sortie impossible sans pénalités, le code et les
contenus restaient la propriété de l'agence.
Le coup de grâce est arrivé à sa retraite. Impossible pour lui
de céder son site à un confrère qui aurait repris l'activité : il ne le
possédait pas, donc il ne pouvait pas le transmettre. Dix ans de référencement,
dix ans de visibilité Google, dix ans de témoignages clients : tout est resté
la propriété de l'agence. Un manque à gagner pur, après une carrière entière.
Quand j'ai compris ce qui s'était passé, j'ai vu que ce problème ne touchait
pas que les avocats. C'est un mécanisme qui frappe toutes les professions
réglementées, parce que ces métiers ne maîtrisent pas le web et que personne
ne leur dit franchement ce qu'on leur vend.