Honoraires d'architecte : comment ils sont calculés

Architecte annotant un plan et une proposition d'honoraires sur son bureau

Un maître d’ouvrage pose rarement la question frontalement. Il demande « combien coûte un architecte », puis compare deux propositions qui ne parlent pas la même langue. L’une affiche un pourcentage. L’autre, un forfait. La troisième, un taux horaire.

Pour vous, architecte, l’enjeu dépasse la négociation. Depuis le 1er juillet 2026, le code de déontologie réécrit par le décret n° 2026-568 encadre plus nettement votre rémunération. Un calcul flou n’est plus seulement un risque commercial. C’est aussi un risque disciplinaire.

Ce guide reprend les règles exactes, les trois méthodes de calcul et leurs pièges. Il montre aussi comment présenter vos honoraires d’architecte à un client qui les cherche d’abord sur Google.

Votre site explique-t-il clairement votre façon de travailler ? Découvrez comment Regularis conçoit un site internet d’architecte conforme au code de déontologie.

Ce que le code de déontologie impose sur vos honoraires depuis 2026

Code de déontologie des architectes

Trois verrous encadrent votre rémunération

  1. 1
    Article 46Un calcul fondé sur les missions

    Aucun barème réglementaire : le montant suit l'étendue de la mission confiée.

  2. 2
    Article 46, dernier alinéaUne information avant tout engagement

    Le client reçoit les règles de rémunération et votre méthode de calcul.

  3. 3
    Article 11Une convention écrite préalable

    Missions et rémunération sont signées avant le début du travail.

Ce que le décret 2026-568 a reformulé

« doit être calculée »« est calculée »
« d'un commun accord »« accord exprès »
Ancien article 47Supprimé

Règles en vigueur depuis juillet 2026. En cas de doute sur un montage, le conseil régional de l'Ordre reste l'interlocuteur de référence.

Les règles de rémunération tiennent dans quelques articles. Elles sont courtes, mais chaque mot compte.

Une rémunération calculée sur les missions, et définie par contrat

L’article 46 du code de déontologie des architectes pose le principe : la rémunération est calculée en fonction des missions confiées. Le texte ne fixe aucun barème. Il ne renvoie à aucun taux de référence.

Le même article ajoute deux précisions. Sauf stipulation contraire, la rémunération est unique et à la charge exclusive du client. Elle doit être clairement définie par contrat.

Pour un architecte libéral ou une société d’architecture, elle prend la forme d’honoraires. Les droits d’auteur n’interviennent que pour l’exploitation d’un modèle type ou d’un brevet.

Un écrit préalable, avant tout engagement

L’article 11 complète le dispositif. Tout engagement professionnel fait l’objet d’une convention écrite préalable avec le client. Elle définit la nature et l’étendue des missions, ainsi que les modalités de rémunération.

L’article 46 va plus loin sur l’information du client. Avant tout engagement, l’architecte lui communique les règles du chapitre consacré à la rémunération, et ses propres modalités de calcul. Ces règles et modalités figurent au contrat.

Concrètement, le client doit savoir comment son prix est construit avant de signer. Pas seulement combien il paiera.

Ce que la réforme de 2026 a réellement changé

Le décret du 26 juin 2026 n’a pas bouleversé le chapitre sur la rémunération. Il en a surtout resserré la formulation. Les tournures au devoir (« doit être », « doivent être respectées ») deviennent des affirmations (« est », « figurent au »).

Un point de fond mérite l’attention. Pour réviser un forfait, le texte exige désormais un accord exprès des parties, là où il évoquait un commun accord. La nuance paraît mince. Elle pèse lourd en cas de litige, car un accord tacite devient difficile à invoquer.

Maître Morgan Jamet, dans une analyse publiée par le Village de la Justice, relève aussi la suppression de l’ancien article 47. Il souligne surtout que le contrat devient la preuve centrale de la mission et de son prix. Un écrit imprécis peut compliquer le droit à honoraires.

Pourcentage, forfait ou frais réels : quelle méthode de calcul choisir ?

Baromètre CRÉDOC, enquête 2025

Quelle méthode pèse vraiment dans le chiffre d'affaires des agences ?

Part des agences pour lesquelles chaque méthode représente plus de la moitié du chiffre d'affaires, comparée à l'enquête 2023.

Le forfait progresse le plus viteDe 36 % à 41 % des agences en deux ans, soit cinq points de plus.
Le temps passé reste un complémentIl dépasse rarement la moitié du chiffre d'affaires d'une agence.

Source : CRÉDOC, baromètre de la santé économique des agences d'architecture, novembre 2025, publié par le ministère de la Culture. Base : 5 315 agences.

Méthodes de rémunération dominantes dans les agences d'architecture Pourcentage : 58 % des agences en 2025 contre 54 % en 2023. Forfait : 41 % contre 36 %. Frais réels au temps passé : 7 %, stable. seuil : moitié du CA Pourcentage 58 % 2023 : 54 %, soit +4 points Forfait 41 % 2023 : 36 %, soit +5 points Frais réels, temps passé 7 % 2023 : 7 %, stable

L’article 46 ouvre plusieurs voies. Le pourcentage n’y est pas cité, mais il reste dominant dans la pratique. Le texte mentionne expressément les frais réels et le forfait, avec ses conditions.

Le CRÉDOC mesure cette répartition auprès de plus de 5 000 agences. D’après son Baromètre de la santé économique des agences d’architecture (enquête 2025), 58 % des agences tirent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires du pourcentage. Le forfait atteint ce seuil pour 41 % d’entre elles, en hausse de cinq points depuis 2023. Le choix de méthode n’a donc rien d’anecdotique : il structure l’économie des agences. Ministère de la Culture, baromètre de la santé économique des agences d’architecture

Le pourcentage du coût des travaux

C’est la méthode la plus familière aux maîtres d’ouvrage. Les honoraires suivent un taux appliqué au montant des travaux, modulé selon les missions confiées.

Prenons une extension de maison. Le maître d’ouvrage annonce 200 000 € HT de travaux. L’agence convient d’un taux de 10 % pour une mission complète. Ce taux est fictif, retenu ici pour la lisibilité du calcul. Les honoraires prévisionnels s’élèvent à 20 000 € HT.

Toute la question est ensuite : 10 % de quel montant ? Celui de l’estimation initiale, celui de l’avant-projet définitif, ou le coût réel en fin de chantier ? Le contrat doit préciser l’assiette du calcul. Sans cette précision, une hausse des travaux fait mécaniquement grimper la facture, et la relation se tend.

Le forfait en valeur absolue

Le forfait suppose l’accord des deux parties. L’article 46 l’encadre strictement : il est déterminé avant le début de la mission et fixé en valeur absolue.

Une fois arrêté, il ne peut être reconsidéré qu’avec l’accord exprès des parties. Encore faut-il un motif : une modification du programme initial ou de l’importance de la mission. Le texte autorise aussi une revalorisation selon des indices officiels, si la méthode a été convenue à l’avance.

Le forfait rassure le client. Il protège moins l’architecte si le périmètre reste vague. Tout repose sur la précision du programme décrit au contrat.

Le calcul sur frais réels, souvent au temps passé

Le code mentionne enfin une rémunération calculée sur la base des frais réels. Dans les agences, elle prend souvent la forme d’une facturation au temps passé, avec un taux horaire ou journalier.

Cette méthode reste minoritaire. D’après le même baromètre du CRÉDOC (enquête 2025), la rémunération au temps passé n’est pratiquée que par moins d’une agence sur deux. Quand elle l’est, elle représente le plus souvent moins d’un quart du chiffre d’affaires. Elle sert surtout aux missions difficiles à borner : conseil, diagnostic, assistance ponctuelle. CRÉDOC, baromètre 2025 des agences d’architecture

Les trois méthodes côte à côte

Méthode Base de calcul Atout pour le client Point de vigilance pour l’architecte
Pourcentage Taux appliqué au coût des travaux Lecture simple, proportionnelle au projet Préciser l’assiette : estimation, APD ou coût réel
Forfait Montant fixé avant la mission Budget connu dès la signature Révision possible seulement par accord exprès
Frais réels Temps passé ou dépenses engagées Paiement de l’effort réellement fourni Plafond ou estimation à annoncer pour rassurer

Rien n’interdit de combiner les méthodes. Un forfait pour les études, puis un pourcentage pour le suivi de chantier, par exemple. La seule exigence : que la combinaison soit écrite et compréhensible.

Comment rédiger la clause d’honoraires du contrat

Le code ne fournit pas de modèle de clause. Il fixe en revanche ce qu’elle doit permettre de comprendre. Quatre mentions couvrent l’essentiel.

  1. Les éléments de mission confiés. La liste précise de ce que vous réalisez, et de ce que vous ne réalisez pas.
  2. La méthode et son assiette. Pourcentage de quel montant, forfait pour quel programme, frais réels sur quelle base horaire.
  3. Les règles de rémunération du code. L’article 46 impose de les communiquer avant tout engagement. Les reprendre ou les annexer au contrat règle la question.
  4. Les conditions de révision. Accord exprès en cas de modification du programme, et indexation éventuelle selon une méthode convenue à l’avance.

Un test simple aide à vérifier la clause. Relisez-la comme le ferait le maître d’ouvrage, sans connaître le métier. S’il ne peut pas recalculer ses honoraires seul, la rédaction mérite d’être reprise.

En pratique, c’est souvent l’assiette qui manque. La méthode est indiquée, le taux aussi, mais le montant de référence reste implicite.

Qu’est-ce qui fait varier le montant de vos honoraires ?

Éléments de mission

L'étendue de la mission, première variable du prix

  1. ESQEsquisse
  2. APSAvant-projet sommaire
  3. APDAvant-projet définitif
  4. PROÉtudes de projet
  5. ACTContrats de travaux
  6. EXEÉtudes d'exécution
  7. DETDirection des travaux
  8. AORRéception
Mission permis de construireDe l'esquisse à l'avant-projet, dossier de permis compris
Mission complète : de l'esquisse à la réception des travaux
  • ComplexitéContraintes techniques, réglementaires, site
  • Bâti existantRelevés, diagnostics, arbitrages
  • DélaisPlanning resserré, équipe mobilisée
  • CoordinationAutres intervenants à piloter

Repère : le seuil de 150 m² décide si l'architecte est obligatoire (loi de 1977, article 4), jamais du montant de ses honoraires.

La méthode ne dit pas tout. Deux projets au même budget peuvent justifier des honoraires très différents.

Du permis de construire à la mission complète

La première variable, c’est l’étendue de la mission. L’article 3 de la loi du 3 janvier 1977 impose le recours à un architecte. Il établit le projet architectural joint à la demande de permis de construire. Il précise que cette obligation n’exclut pas des missions plus étendues.

Entre une mission limitée au dépôt du permis et une mission complète, l’écart de travail est considérable. Le code de la commande publique détaille d’ailleurs les étapes d’une mission de maîtrise d’œuvre, de l’esquisse à l’assistance aux opérations de réception :

  • études d’esquisse, puis avant-projet sommaire et avant-projet définitif ;
  • études de projet et assistance pour la passation des contrats de travaux ;
  • études d’exécution et direction de l’exécution des travaux ;
  • ordonnancement, coordination et pilotage du chantier ;
  • assistance aux opérations de réception.

Ce découpage, conçu pour les marchés publics, sert aussi de grille de lecture en mission privée. Chaque élément retiré ou ajouté justifie un écart d’honoraires.

Le seuil de 150 m² ne fixe pas le prix

Une confusion revient souvent chez les particuliers. Ils pensent que le seuil de 150 m² détermine le tarif. Il n’en est rien.

L’article 4 de la loi de 1977 dispense certaines personnes physiques du recours à l’architecte pour une construction de faible importance. Il plafonne cette dispense à 150 m² de surface de plancher pour les constructions non agricoles. C’est une règle d’obligation, pas une règle de prix.

Au-dessus du seuil, l’architecte devient obligatoire pour le projet architectural. Mais ses honoraires restent fixés par contrat, selon les missions réellement confiées.

Complexité, existant, délais et coordination

D’autres paramètres pèsent sur le calcul. La complexité technique du projet en fait partie. Une réhabilitation de bâti ancien demande plus de relevés et d’arbitrages qu’une construction neuve sur terrain libre.

Les délais comptent aussi. Un planning resserré mobilise davantage l’équipe sur une période courte. Enfin, la coordination d’autres intervenants alourdit la mission. La loi de 1977 prévoit d’ailleurs que le contrat fixe la rémunération de l’architecte pour ces missions de coordination.

En pratique, sur les sites d’architectes que l’on conçoit, c’est ce point qui manque le plus souvent. Le visiteur voit des réalisations, jamais ce qui distingue une mission de permis d’une mission complète. Il compare alors des prix qui ne portent pas sur le même travail.

Marchés publics : un forfait encadré par le code de la commande publique

Code de la commande publique, article L2432-1

En marché public, le forfait se construit sur trois critères

ÉtenduePrestations, moyens, allotissement, délais
ComplexitéDegré de difficulté de l'opération
Coût prévisionnelPart de l'enveloppe affectée aux travaux
Forfait

Coût des travaux encore inconnu ?

1
Montant provisoireCalculé sur la part travaux de l'enveloppe prévisionnelle (R2432-7).
2
Forfait définitifArrêté sur l'estimation de l'avant-projet sommaire ou définitif.

À retenir : la rémunération forfaitaire est décomposée par éléments de mission (R2432-6), là où la mission privée laisse le choix de la méthode.

En commande publique, la liberté de méthode disparaît. Le code de la commande publique impose son propre cadre.

L’article L2432-1 prévoit que le marché de maîtrise d’œuvre privée comporte une rémunération forfaitaire. Elle tient compte de l’étendue de la mission, de son degré de complexité et du coût prévisionnel des travaux.

L’article R2432-6 détaille ces critères. L’étendue de la mission s’apprécie notamment au regard du nombre de prestations demandées et des moyens à mettre en œuvre. L’allotissement des travaux et les délais comptent aussi. Les engagements pris sur le respect du coût prévisionnel entrent aussi en compte.

Que se passe-t-il quand ce coût n’est pas encore connu ? L’article R2432-7 prévoit alors un montant provisoire. Il repose sur la part de l’enveloppe financière prévisionnelle affectée aux travaux. Le forfait définitif est arrêté ensuite, sur l’estimation de l’avant-projet sommaire ou définitif.

Pour une agence qui alterne commande publique et clientèle privée, une conséquence pratique s’impose. Décomposer aussi ses offres privées par éléments de mission harmonise les devis et facilite leur comparaison d’un projet à l’autre.

Ce mécanisme explique pourquoi une agence habituée aux marchés publics raisonne naturellement en forfait. Le baromètre du CRÉDOC relève d’ailleurs une légère hausse des maîtres d’ouvrage publics parmi la clientèle des agences.

Trois erreurs qui fragilisent vos honoraires

Diagnostic

Trois situations fréquentes, trois réflexes

1
Le programme grossit, le forfait ne bouge pas

Un garage puis un studio s'ajoutent en cours d'études, sans écrit.

Article 46 : accord exprès requis
Réflexe

Programme détaillé au contrat, puis avenant daté avant tout travail supplémentaire.

2
Le prix d'appel qui omet une partie de la mission

Un devis attractif qui tait l'absence de suivi de chantier.

Article 18 : sous-évaluation trompeuse
Réflexe

Lister les éléments de mission inclus et ceux exclus, noir sur blanc.

3
L'esquisse lancée avant la signature

Un client pressé, un accord par courriel, le contrat qui suit.

Article 11 : écrit préalable
Réflexe

Une lettre de mission courte pour la phase d'esquisse, en attendant le contrat complet.

Les litiges d’honoraires naissent rarement d’un désaccord sur le montant. Ils viennent d’un écrit incomplet ou d’une communication approximative.

Erreur n° 1 : un forfait sans périmètre précis

Prenons une agence qui signe un forfait pour une maison de 180 m². En cours d’études, le client ajoute un garage, puis un studio indépendant. L’architecte facture un complément. Le client refuse : « c’était au forfait ».

Le code donne raison à la prudence. Le forfait ne se reconsidère qu’avec l’accord exprès des parties, en cas de modification du programme. Sans programme détaillé au contrat, prouver la modification devient difficile. Et sans avenant signé, l’accord exprès manque.

La parade tient en deux réflexes. Décrire le programme initial avec précision. Puis formaliser chaque évolution par un avenant daté, avant d’engager le travail supplémentaire.

Erreur n° 2 : le prix d’appel manifestement sous-évalué

La concurrence est réelle sur ce marché.

Le nombre de professionnels reste stable. D’après le Conseil national de l’Ordre des architectes (Archigraphie 2024), le nombre d’inscrits reste stable depuis dix ans. Il oscille légèrement en dessous de 30 000. Dans un marché aussi étroit, la tentation d’un prix d’appel pour emporter un projet existe. Ordre des architectes, Archigraphie 2024

L’article 18 du code fixe pourtant une limite. La concurrence entre confrères ne se fonde que sur la compétence et les services offerts. Il qualifie de concurrence déloyale la sous-évaluation manifestement trompeuse des prestations, destinée à capter une clientèle.

Un prix bas n’est pas interdit en soi. Ce qui est visé, c’est l’offre qui trompe le client sur ce qu’il recevra réellement. Un devis attractif qui omet le suivi de chantier, sans le dire, entre dans cette zone grise.

Erreur n° 3 : commencer avant d’avoir signé

Ce cas revient régulièrement : un client pressé, un permis à déposer vite, une esquisse lancée sur la base d’un échange de courriels. Le contrat arrive après.

L’article 11 est pourtant clair : la convention écrite est préalable à tout engagement. En cas de désaccord, l’architecte devra alors démontrer la mission convenue et le prix associé. Un fil de messages se prête mal à cet exercice.

Le réflexe le plus simple consiste à formaliser une lettre de mission courte pour la phase d’esquisse. Elle couvre le travail immédiat, en attendant le contrat complet.

Vous communiquez sur vos prix ou vos missions ? Vérifiez d’abord ce que le code de déontologie autorise en matière de publicité d’architecte.

Faut-il afficher ses honoraires sur son site d’architecte ?

Article 10 bis du code de déontologie

La publicité est autorisée. L'exigence porte sur l'exactitude.

En vigueur depuis juillet 2026
Approche fragile

Un chiffre seul

  • Se compare sans contexte, au plus bas
  • Ne dit rien du périmètre de la mission
  • Attire des demandes hors de votre cœur de métier
Approche recommandée

Une méthode expliquée

  • Montre ce que couvre chaque élément de mission
  • Annonce un seuil d'intervention qui filtre les demandes
  • Prépare la convention écrite exigée par l'article 11

Repère : une fourchette publiée doit correspondre à ce que vous facturez réellement, mission par mission.

La question revient très souvent quand on conçoit le site d’une agence. La crainte est double : paraître trop cher, ou s’exposer déontologiquement.

Ce que permet le cadre déontologique

Sur le second point, le cadre est rassurant. L’article 10 bis du code autorise la publicité des architectes, dans le respect de la législation en vigueur. Rien n’interdit d’afficher une méthode de calcul ou une fourchette indicative.

L’exigence porte sur l’exactitude. Une fourchette doit correspondre à ce que vous facturez réellement. Une promesse du type « honoraires les plus bas de la région » reste à proscrire. En cas d’hésitation sur une formulation, le conseil régional de l’Ordre peut vous éclairer.

Pourquoi la transparence sert vos demandes de contact

Vos maîtres d’ouvrage sont d’abord des particuliers, et ce sont eux qui cherchent des repères de prix en ligne.

D’après le CRÉDOC (Baromètre de la santé économique des agences d’architecture, enquête 2025), 73 % des agences travaillent avec des particuliers comme maîtres d’ouvrage. Les particuliers restent ainsi la première clientèle des agences, devant les professionnels de l’immobilier. Une page qui explique vos honoraires répond donc à la question que se pose votre client le plus fréquent. Ministère de la Culture, baromètre CRÉDOC des agences 2025

Le parti pris de Regularis, issu de la pratique : expliquer la méthode sert mieux qu’afficher un chiffre. Un chiffre seul se compare. Une méthode claire se comprend, et filtre naturellement les demandes hors budget.

Trois façons concrètes de présenter vos honoraires en ligne

Un point de vocabulaire précède tout le reste. Les sigles du métier, APS, APD ou DET, ne parlent pas à un particulier. Sur une page publique, chaque élément de mission gagne à être nommé en clair, avec une phrase sur ce qu’il produit.

Voici trois dispositifs applicables dès maintenant, sans refonte complète.

  1. Une page « Honoraires et missions ». Elle détaille vos éléments de mission, la méthode retenue pour chacun, et ce qui est inclus ou non. Le visiteur comprend avant d’appeler.
  2. Des fiches projet qui précisent la mission. Indiquer « mission complète » ou « permis seul » sous chaque réalisation donne une échelle de lecture. C’est aussi un levier pour mettre en valeur vos réalisations sur votre site sans dévoiler le budget du client.
  3. Une réponse écrite aux questions de prix. Une FAQ dédiée aux honoraires capte des requêtes fréquentes et nourrit le référencement d’un site d’architecte.

Un cas type illustre l’intérêt de la démarche. Imaginons une agence qui ne publie aucune information tarifaire. Elle reçoit surtout des demandes pour de petits aménagements intérieurs, hors de son cœur de métier. Une page qui annonce un seuil d’intervention et explique la mission complète réoriente les contacts vers les projets visés.

Publicité payante et mentions obligatoires

Les architectes peuvent aussi recourir à la publicité payante. Une annonce qui évoque un prix doit alors rester aussi exacte qu’une page du site. Les règles propres aux campagnes Google Ads des professions réglementées s’appliquent pleinement.

Enfin, une page d’honoraires ne dispense pas des informations légales. Votre identification et vos références professionnelles ont leur place dans les mentions légales d’un site de profession réglementée. Elles rassurent le visiteur au moment où il compare.

Des honoraires clairs, un argument autant qu’une obligation

Avant d'envoyer une proposition d'honoraires

Quatre vérifications qui protègent votre droit à honoraires

  • Méthode annoncéePourcentage, forfait ou frais réels, avec son assiette.
  • Mission délimitéeÉléments de mission inclus et exclus, écrits.
  • Convention signéeAvant le premier coup de crayon, sans exception.
  • Révision prévueUn avenant écrit pour tout changement de programme.

Vous voulez présenter vos honoraires et vos missions sur votre site, dans le cadre du code ?

Demander un diagnostic personnalisé

La réforme de 2026 n’a pas créé de barème. Elle a rappelé une exigence : chaque maître d’ouvrage doit comprendre comment son prix est fixé, avant de s’engager.

Pourcentage, forfait ou frais réels, aucune méthode n’est meilleure dans l’absolu. La bonne est celle que vous savez expliquer, écrire au contrat et défendre si le programme évolue. Un écrit précis protège votre droit à honoraires. Une présentation claire en ligne attire les projets qui vous correspondent.

Si vous choisissez un prestataire pour porter ce discours, comparez sa connaissance du métier autant que son prix. Les critères utiles sont détaillés dans le guide pour choisir une agence web d’architecte. Et pour cadrer l’investissement, voici le budget réel d’un site internet d’architecte.

Sources

À lire aussi