Tarifs d'expert-comptable sur son site : ce que permet la déontologie

Expert-comptable relisant sur son ordinateur la page tarifs du site internet de son cabinet

Un prospect arrive sur le site de votre cabinet un dimanche soir. Il compare trois experts-comptables de sa ville. Deux affichent une fourchette d’honoraires. Le troisième, c’est vous, se contente d’un « Contactez-nous pour un devis ». Lundi matin, il a déjà appelé les deux autres.

La question de l’affichage des tarifs revient souvent chez les experts-comptables qui créent ou refondent leur site. Elle mêle deux craintes. La première est déontologique : a-t-on le droit de publier ses prix ? La seconde est commerciale : un chiffre en ligne ne va-t-il pas enfermer le cabinet ou attirer les mauvais dossiers ?

Cet article répond aux deux. Il détaille ce que le Code de déontologie autorise et ce que le droit commun impose dès qu’un prix apparaît en ligne. Il montre aussi comment construire une page tarifs conforme et utile. Vous saurez quel format choisir, quelles formulations éviter et comment vérifier votre page avant de la publier.

Vous préparez un nouveau site pour votre cabinet ? Voyez ce que comprend une création de site internet pensée pour l’expertise comptable, page tarifs incluse.

Un expert-comptable peut-il afficher ses tarifs sur son site ?

Du prix affiché au prix convenu

Trois textes, trois rôles distincts pour un même tarif

1La page tarifsArticle 152 du décret 2012-432Informe le public. Exacte, décente, sans comparaison.
2L'étude du dossierArticle 158 du décret 2012-432Ajuste le prix selon les diligences, la difficulté, les frais.
3La lettre de missionArticle 24 de l'ordonnance de 1945 et article 151Fixe les honoraires par écrit, avant le début de la mission. Seul document qui engage.

À retenir : le prix publié oriente le prospect, la lettre de mission fixe le prix. Les deux doivent rester cohérents.

Oui. Aucun texte n’interdit à un expert-comptable de publier ses honoraires sur son site. La question se pose donc moins en termes d’autorisation que de manière de faire.

Depuis le décret du 18 août 2014, la profession peut aussi démarcher des prospects. Le cadre général de cette ouverture est détaillé dans l’article consacré à la publicité des experts-comptables. Ici, on se concentre sur un seul objet : le prix affiché.

Ce que dit l’article 152 du Code de déontologie

L’article 152 du décret n° 2012-432 encadre toute action de communication. Selon la lecture qu’en fait l’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, elle est autorisée si quatre conditions sont réunies :

  • elle procure une information utile au public ;
  • sa mise en œuvre respecte les principes essentiels de la profession ;
  • son contenu ne comporte aucune inexactitude, n’induit pas en erreur et ne contient aucun élément comparatif ;
  • son contenu ne contient aucune mention contraire à la loi.

Un tarif clair coche naturellement la première case. Pour un dirigeant qui cherche un cabinet, savoir dans quelle zone de prix il se situe est une information utile. La difficulté se loge dans les deux suivantes : l’exactitude et l’absence de comparaison.

Toute action de promotion doit en outre rester décente et empreinte de retenue. Un tarif n’est donc pas un slogan. Il s’affiche comme une information, pas comme une accroche publicitaire.

Le prix affiché ne remplace pas la lettre de mission

Afficher un prix en ligne ne fixe pas, à lui seul, les honoraires d’un client. L’article 24 de l’ordonnance du 19 septembre 1945 pose une règle précise. Le montant et les modalités des honoraires sont convenus par écrit avec le client, librement et avant le début des missions.

L’article 151 du décret de 2012 va dans le même sens. Il impose un contrat écrit définissant la mission et les droits et obligations de chaque partie. En pratique, c’est la lettre de mission.

La page tarifs sert donc à informer et à préqualifier. Elle ne crée pas le contrat. Il est utile de le rappeler sur la page elle-même, en une phrase sobre. Par exemple : « Les honoraires définitifs sont fixés dans la lettre de mission, après étude de votre dossier. »

Ce qui justifie un écart entre deux prix

L’article 158 du même décret liste les critères de fixation des honoraires. Il cite l’importance des diligences, la difficulté des cas, les frais exposés et la notoriété du professionnel.

Ces critères sont précieux pour rédiger votre page. Ils expliquent au visiteur pourquoi le prix varie d’un dossier à l’autre. Ils donnent aussi une base honnête aux fourchettes que vous publiez, plutôt qu’un prix unique intenable.

L’ordonnance ajoute que les honoraires doivent être équitables et rémunérer justement le travail fourni. Un prix d’appel très bas, intenable une fois le dossier ouvert, s’accorde mal avec cette exigence.

Ce que le droit commun ajoute dès qu’un prix apparaît en ligne

Qui lit votre prix ?

Une règle d'information selon le destinataire

Tout visiteur du site
TexteLCEN, article 19
ExigenceUn prix clair et non ambigu, taxes incluses ou non précisées.
Client particulier
TexteCode de la consommation, L112-1 et L112-3
ExigenceLe prix, ou son mode de calcul s'il ne peut être fixé à l'avance.
Client professionnel
TexteCode de commerce, L441-1
ExigenceLes CGV et le barème sur demande, ou la méthode de calcul, ou un devis détaillé.

Le point commun : un prix lisible, ou une méthode que vous savez expliquer. « Sur devis » reste possible, à condition de dire comment le devis se construit.

La déontologie n’est pas le seul texte à connaître. Dès qu’un cabinet mentionne un prix sur internet, plusieurs règles générales s’appliquent aussi. Elles ne visent pas spécialement les experts-comptables, mais elles les concernent.

La loi pour la confiance dans l’économie numérique

L’article 19 de la LCEN vise toute personne qui propose des services à distance par voie électronique. Dès qu’elle mentionne un prix, elle doit l’indiquer de manière claire et non ambiguë. Le texte précise notamment qu’il faut dire si les taxes sont incluses.

Pour un cabinet qui vend un abonnement ou une formule en ligne, la règle s’applique sans discussion. Pour un site vitrine classique, elle reste un bon guide de rédaction. Un prix sans mention HT ou TTC est le défaut le plus courant, et le plus simple à corriger.

Le Code de la consommation, pour vos clients particuliers

Une partie de votre clientèle peut être composée de particuliers : déclaration de revenus, location meublée, succession. Face à eux, le Code de la consommation s’applique.

L’article L112-1 impose d’informer le consommateur sur les prix, par affichage ou par tout procédé approprié. L’article L112-3 prévoit le cas où le prix ne peut pas être calculé à l’avance. Le professionnel fournit alors le mode de calcul du prix.

Cette nuance est importante pour un cabinet. Elle signifie que « sur devis » n’est pas une fin de non-recevoir. C’est une méthode de calcul que l’on doit pouvoir expliquer.

Le Code de commerce, pour vos clients professionnels

Avec les entreprises, c’est l’article L441-1 du Code de commerce qui joue. Si vous établissez des conditions générales de vente, vous devez les communiquer à tout client professionnel qui les demande. Elles comprennent les éléments de détermination du prix, comme le barème des prix unitaires.

Le même article prévoit le cas des services dont le prix ne peut être fixé à l’avance. Le prestataire communique alors la méthode de calcul du prix, ou un devis suffisamment détaillé, à qui en fait la demande.

Les règles sur les conditions générales de vente ne sont pas théoriques. D’après Bercy Infos Entreprises (fiche sur les conditions générales de vente entre professionnels), un manquement sur les CGV est sanctionnable. L’amende administrative peut atteindre 15 000 € pour une personne physique. Une grille tarifaire cohérente avec vos CGV évite toute contradiction entre ce que dit le site et ce que dit le contrat. Bercy Infos Entreprises, conditions générales de vente entre professionnels

Les mentions qui entourent la page tarifs

Une page tarifs ne vit pas seule. Elle s’inscrit dans un site qui doit déjà afficher l’inscription à l’Ordre, le conseil régional de rattachement et les mentions légales. Le détail de ces obligations figure dans le guide des mentions légales d’une profession réglementée.

En pratique, sur les sites de cabinets comptables, on observe souvent l’inverse de ce qu’il faudrait. La page tarifs est soignée, mais les mentions ordinales sont incomplètes. Le visiteur trouve un prix, sans pouvoir vérifier qui le propose.

Grille, fourchette ou devis : quel format choisir ?

Choisir un format de tarifs

Lisibilité et exactitude ne progressent pas toujours ensemble

Quatre formats de tarifs selon la standardisation des missions Prix ferme et « à partir de » sont très lisibles, mais « à partir de » présente le risque d'inexactitude le plus élevé. La fourchette par profil et le devis expliqué forment la combinaison recommandée. COMBINAISON RECOMMANDÉE Lisibilité Risque d'inexactitude Prix ferme Très lisible Si périmètre figé « À partir de » Attire l'œil Crée une attente Fourchette par profil Lisible et juste Missions récurrentes Sur devis expliqué Méthode visible Dossiers complexes Missions standardisées Dossiers sur mesure

Faites glisser le schéma pour voir les quatre formats.

2 formatssuffisent à la plupart des cabinets de TPE : une fourchette par profil pour le récurrent, un devis expliqué pour le reste.

Une fois le cadre posé, reste le choix du format. Il n’y a pas de bonne réponse unique. Le format dépend de votre clientèle, de la standardisation de vos missions et de votre positionnement.

Ce que pratique le marché

Les cabinets en ligne ont fait de la transparence tarifaire un argument central. Le phénomène est mesurable.

La publication des prix est devenue la norme chez les cabinets qui recrutent en ligne. D’après Les Experts Comptables (Étude 2026 : les tarifs des experts-comptables en ligne), 24 des 27 experts-comptables en ligne étudiés affichent une grille publique. Seuls 11 % ne publient aucun tarif. Un cabinet traditionnel qui reste muet sur ses prix se retrouve donc comparé à des concurrents qui, eux, répondent d’emblée. Les Experts Comptables, étude des tarifs des experts-comptables en ligne

La même étude souligne une limite. Les formules d’entrée couvrent des périmètres très différents d’un cabinet à l’autre. Un prix d’appel ne dit rien s’il n’est pas relié à un profil de client et à une liste de missions.

Les quatre formats possibles

Le prix ferme convient aux missions très standardisées : liasse d’une location meublée, déclaration de revenus simple, formalité ponctuelle. Il est lisible et engageant. Il suppose un périmètre parfaitement défini.

La fourchette par profil est le format le plus adapté à la majorité des cabinets. Elle associe un type de client à une plage de prix : micro-entrepreneur, société sans salarié, société avec salariés. Elle s’appuie naturellement sur les critères de l’article 158.

Le « à partir de » est le plus risqué. Il attire l’œil mais crée une attente sur le prix le plus bas. S’il n’est pas assorti du périmètre exact, il glisse vite vers l’inexactitude.

Le devis seul reste légitime pour les dossiers complexes : groupes, holdings, missions d’évaluation ou d’accompagnement de cession. Il gagne à être accompagné d’une explication de la méthode de calcul.

Le parti pris qu’on recommande

Pour un cabinet qui accompagne surtout des TPE, la formule la plus solide combine deux formats. Une fourchette par profil pour les missions récurrentes, et une mention « sur devis » expliquée pour les missions ponctuelles ou complexes.

Ce choix vient de la pratique. Les fourchettes rassurent le dirigeant pressé. Le devis expliqué protège le cabinet sur les dossiers atypiques. Et la combinaison des deux montre que le prix est raisonné, pas improvisé.

Prenons un cabinet de trois associés installé en périphérie d’une grande ville. Sa clientèle mêle artisans, professions libérales et quelques PME. Afficher un prix unique serait faux pour la moitié de ses dossiers. Afficher trois fourchettes, avec la liste des missions incluses, couvre l’essentiel des demandes entrantes.

Les erreurs qui rendent une page tarifs non conforme

3 réécritures

Le même message, une fois corrigé, devient une information conforme.

Formulation risquée« 40 % moins cher qu'un cabinet traditionnel »
Art. 152 : aucun élément comparatif
Version conformeSociété sans salarié : de X à Y € HT par mois, bilan et liasse inclus.
Formulation risquée« Votre comptabilité dès 49 € par mois »
Art. 152 et LCEN : prix exact, taxes précisées
Version conformeMicro-entrepreneur : X € HT par mois, tenue et déclarations incluses, bilan non inclus.
Formulation risquée« Pour la boulangerie de M. Martin : 180 € par mois »
Secret professionnel
Version conformeProfil type : commerce de bouche, un salarié, environ 2 000 factures par an.

Trois erreurs reviennent régulièrement. Aucune ne tient à la décision d’afficher ses prix. Toutes tiennent à la façon de le faire.

Erreur 1 : glisser une comparaison avec les confrères

C’est l’erreur la plus fréquente, souvent par réflexe marketing. On lit « jusqu’à 40 % moins cher qu’un cabinet traditionnel ». Ou encore « le meilleur rapport qualité-prix de la ville ».

Ces formules contiennent toutes un élément comparatif. L’article 152 les exclut. L’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France en donne un exemple. Il juge interdite une publication présentant un cabinet comme membre du premier réseau du secteur.

L’article 161 ajoute un devoir de confraternité. Il demande de s’abstenir de tout écrit susceptible de nuire à la situation des confrères. Une page tarifs qui dénigre implicitement les autres cabinets franchit cette ligne.

La bonne approche consiste à parler de soi seulement. « Nos honoraires pour une SAS sans salarié se situent entre X et Y € HT par mois. » L’information est utile, exacte et ne compare rien.

Erreur 2 : afficher un prix d’appel sans périmètre

Ce cas type revient souvent lors des refontes. La page d’accueil annonce « Votre comptabilité dès 49 € par mois ». La page tarifs, quand elle existe, ne précise ni le statut juridique visé, ni la présence du bilan, ni la mention HT.

Le dirigeant d’une SARL avec deux salariés lit ce chiffre comme son prix. Il découvre ensuite une lettre de mission à plus du triple. Le prix affiché n’était pas faux, mais il était trompeur par omission.

Cette situation pose deux problèmes. Sur le plan déontologique, elle risque d’induire le public en erreur. Sur le plan commercial, elle crée une déception dès le premier rendez-vous. Le remède est simple : chaque prix s’accompagne du profil visé, des missions incluses et de la mention HT ou TTC.

Erreur 3 : illustrer ses prix avec un vrai dossier client

Pour rendre une grille concrète, la tentation est grande de citer un exemple réel. « Pour la boulangerie de M. Martin, nos honoraires sont de 180 € par mois. » Même anonymisé à moitié, l’exemple peut permettre de reconnaître le client.

Le secret professionnel de l’expert-comptable interdit ce type de publication. L’article 226-13 du Code pénal sanctionne sa violation d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

La solution passe par des profils types construits de toutes pièces. Une « SAS de conseil, un associé, sans salarié, une centaine de factures par an » parle autant au visiteur, sans exposer personne.

Vous voulez vérifier que le reste de votre communication respecte le même cadre ? Le guide consacré à la prospection d’un expert-comptable applique ces règles au démarchage et aux campagnes.

Comment construire une page tarifs utile et conforme

Votre page tarifs est-elle prête ?

Huit points issus de l'article 152, de la LCEN et des règles d'information sur les prix.

Points validés : En dessous de 8, reprenez les points non cochés avant publication. En cas de doute, interrogez votre conseil régional de l'Ordre.

Une bonne page tarifs se construit en trois temps. On définit ce qu’on affiche, on rédige avec les bons garde-fous, puis on vérifie avant publication.

Méthode 1 : partir de vos lettres de mission

Le point de départ n’est pas le site, c’est votre portefeuille. Reprenez vos lettres de mission récurrentes de l’année et regroupez-les par profil de client. Trois à cinq profils suffisent généralement.

Pour chaque profil, notez la fourchette réellement pratiquée et les missions incluses. Cette base garantit que le prix affiché correspond à ce que vous facturez déjà. C’est la meilleure protection contre l’inexactitude.

Cette étape gagne à être intégrée au cahier des charges du site de votre cabinet. Le prestataire saura dès le départ quelles données afficher et sous quelle forme.

Méthode 2 : rédiger chaque ligne avec son contexte

Une ligne de tarif utile contient toujours les mêmes éléments. Le profil de client visé. Les missions incluses, et celles qui ne le sont pas. Le prix ou la fourchette, avec la mention HT ou TTC. La périodicité, mensuelle ou annuelle.

Sous la grille, deux phrases complètent le dispositif. La première rappelle que les honoraires définitifs sont fixés dans la lettre de mission. La seconde indique la date de dernière mise à jour.

Un tableau simple suffit souvent :

Profil Missions incluses Honoraires indicatifs
Micro-entrepreneur Tenue, déclarations, conseil courant Fourchette mensuelle HT
Société sans salarié Tenue, bilan, liasse, juridique annuel Fourchette mensuelle HT
Société avec salariés Mission comptable et sociale Sur devis, méthode expliquée

Les fourchettes chiffrées sont les vôtres. Elles doivent refléter votre pratique, pas une moyenne de marché trouvée en ligne.

Méthode 3 : vérifier la page avant de la publier

La dernière étape est un contrôle. L’outil placé en tête de cette section reprend les points à vérifier. Cochez ceux que votre page respecte déjà : le score s’actualise au fil de vos réponses.

Cette grille ne remplace pas l’avis de votre conseil régional. Elle couvre les points de vigilance les plus courants, ceux qu’on corrige le plus souvent lors des refontes de sites de cabinets.

Et les tarifs dans une annonce payante ?

L’expertise comptable peut recourir à la publicité en ligne. Un prix dans une annonce obéit aux mêmes exigences que sur le site : exactitude, absence de comparaison, mention claire des taxes. L’annonce doit en plus renvoyer vers une page qui confirme exactement ce prix.

Les spécificités de ce levier sont détaillées dans l’article consacré à Google Ads pour les experts-comptables. Retenez qu’un prix d’annonce non retrouvé sur la page d’arrivée crée la même déception qu’un prix d’appel sans périmètre.

Afficher ses prix aide-t-il vraiment à trouver des clients ?

Effet filtre

La page tarifs trie les demandes avant le premier rendez-vous

Demandes entrantes Cherche le prix le plus bas du marché PME qui veut un cabinet de proximité Attend un forfait unique pour une holding Libéral qui compare deux cabinets locaux
Page tarifs claire
Contacts qui arrivent Alignés sur vos prixIls ont lu la fourchette et la jugent acceptable. Alignés sur vos missionsLeur profil correspond à une ligne de votre grille.
Ce qu'elle faitElle qualifie les visiteurs déjà présents sur votre site.
Ce qu'elle ne fait pasElle ne crée pas de trafic seule, ni de position garantie.

C’est la question que posent le plus souvent les associés hésitants. La réponse honnête tient en deux temps : un prix ne garantit rien, mais il change la qualité des contacts reçus.

Un marché large, des prospects qui comparent

Le vivier de clients potentiels est considérable, et il compare.

L’expertise comptable s’adresse à une large part du tissu économique. D’après la CCI Paris Île-de-France (fiche « Le métier d’expert-comptable »), les experts-comptables accompagnent plus de 7 entreprises sur 10. Cela représente environ 3,5 millions de structures, selon les chiffres de la profession publiés par le Conseil national de l’Ordre. Chacune de ces structures peut un jour chercher un nouveau cabinet, et commencera souvent par comparer en ligne. CCI Paris Île-de-France, le métier d’expert-comptable

Face à ce volume, un cabinet ne cherche pas à attirer tout le monde. Il cherche à attirer les dossiers qui lui correspondent. La page tarifs joue précisément ce rôle de filtre.

Une page tarifs préqualifie vos contacts

Une fourchette claire écarte d’emblée les demandes hors de votre zone de prix. Le micro-entrepreneur qui cherche la formule la moins chère du marché ira ailleurs. Le dirigeant de PME qui cherche un interlocuteur de proximité saura qu’il est au bon endroit.

Ce parti pris a un effet direct sur votre temps. Moins de rendez-vous de découverte qui n’aboutissent pas, plus d’échanges avec des prospects déjà alignés sur votre positionnement.

La question qui revient le plus souvent chez les cabinets est celle de la concurrence : « Mes confrères vont voir mes prix. » C’est vrai. Mais vos confrères connaissent déjà le marché. Vos prospects, eux, ne le connaissent pas. L’information profite surtout à ceux qui en manquent.

Ce que la page tarifs ne fera pas seule

Une page tarifs bien faite ne remplace pas la visibilité. Si personne ne trouve votre site, personne ne lira vos prix. Elle s’inscrit dans un ensemble : présence locale, contenus utiles, fiche d’établissement à jour.

Ce travail de fond est décrit dans le plan d’action de marketing local pour cabinet comptable. La page tarifs en est un maillon, pas le point de départ.

Elle peut en revanche devenir une page à part entière pour Google. Une page tarifs détaillée, structurée par profil, répond à des requêtes que les dirigeants tapent réellement. Elle reste une chance de visibilité supplémentaire, jamais une position garantie.

Vous voulez comprendre comment cette page s’insère dans une stratégie de visibilité plus large ? La page consacrée au référencement des professions réglementées détaille la logique, sans promesse de résultat.

Combien coûte la mise en place ?

La page tarifs n’est pas un poste de coût isolé. Elle fait partie de la conception du site et de sa rédaction. Pour situer le budget global d’un site de cabinet, l’analyse du prix de création d’un site d’expert-comptable décompose les postes un par un.

Le vrai coût de la page tarifs est ailleurs : dans sa mise à jour. Une grille publiée puis oubliée devient fausse en un ou deux ans. Prévoir sa révision annuelle, au moment où vous revoyez vos lettres de mission, évite ce décalage.

Une page tarifs qui rassure avant de vendre

Afficher ses tarifs n’est ni une obligation ni un interdit pour un expert-comptable. C’est un choix de communication, encadré par l’article 152 et par les règles générales d’information sur les prix.

Bien construite, la page tarifs fait trois choses. Elle informe le dirigeant qui compare. Elle filtre les demandes qui ne correspondent pas à votre cabinet. Et elle montre, par sa clarté même, la rigueur que vous appliquez à vos dossiers.

Les règles à retenir tiennent en peu de mots. Un prix exact, relié à un profil et à des missions. Une mention HT ou TTC. Aucune comparaison avec vos confrères. Aucun dossier client reconnaissable. Et un rappel que la lettre de mission reste la seule référence contractuelle.

Pour une formulation qui vous fait hésiter, votre conseil régional de l’Ordre reste l’interlocuteur de référence. Il vaut toujours mieux une question posée avant la mise en ligne qu’une correction demandée après.

Synthèse

Une page tarifs conforme tient en cinq règles

Informer, filtrer, rassurerLa page tarifs n'est pas un argument de vente. C'est la preuve, visible avant tout rendez-vous, que vos honoraires reposent sur une méthode.
1Un prix relié à un profil et à des missions 2Une mention HT ou TTC systématique 3Aucune comparaison avec les confrères 4Aucun dossier client reconnaissable 5La lettre de mission comme seule référence

Vous voulez un regard extérieur sur la page tarifs ou la communication de votre cabinet ? Regularis peut la relire avec vous.

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Sources

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